Projet : une robe de cour XVIII°

Mes chers lecteurs, je suis très occupée et je travaille sur quelques commandes, mais je vous parle quand même de mon long projet pour le printemps, car il va me prendre beaucoup de temps.

Maintenant que j’ai commencé à exploiter le XVIII° siècle, j’ai envie de continuer un peu car il existe plusieurs formes de robes qui me plaisent, et que je vais vous présenter avant de parler de mon projet.

D’abord, l’industrie textile est en plein essor à cette époque, elle bénéficie de subventions du gouvernement. De nouvelles inventions augmentent largement la production des tissus de tout genre.

Les chinoiseries : le thème exotique cher au 18° combine les éléments végétaux fantaisistes avec des tissus de soie mêlant fleurs naturelles et motifs fleuris à la chinoise.

Les indiennes : la vogue dans toute l’Europe des cotonnades importées des Indes entraînera la création de fabriques européennes imitant la production orientale.

Indienne
Indienne

La robe volante : dérivée de l’andrienne et de la robe de chambre de la fin du règne de Louis XIV, est la robe typique de la régence et sera portée longtemps comme un vêtement confortable. L’ampleur du dos monté en fronces, ou à plis à l’encolure s’épanouit sur un panier. Les manches au coude terminées par un revers triangulaire plissé en raquette ou volanté en pagode laissent passer soit la manchette de la chemise, ou de la dentelle.

Andrienne
Andrienne

La robe à la française arrive vers 1720. La robe volante perd de son volume pour devenir robe à la française. Le corsage est ajusté sur le devant et, le plus souvent, ouvert sur le corps rigide, dissimulé par une pièce d’estomac triangulaire richement ornée ou cachée par une échelle de ruban.

La robe s’ouvre par un jupon souvent de même étoffe, garni des mêmes agréments. Les plis Watteau ornent le dos de la robe, même si le peintre n’y est pour rien dans sa création.

Robe à la française - plis Watteau
Robe à la française – plis Watteau
Robe à la française - plis Watteau
Robe à la française – plis Watteau
Robe à la française
Robe à la française
Robe à la française - gravure
Robe de cour – gravure
détail de décoration d'époque
détail de décoration d’époque

Le développement en largeur et la carrure presque à angle droit des paniers nettement séparés sur les hanches ont un caractère officiel et disgracieux, durera jusqu’à la fin du siècle dans les pays nordiques.

Mariage de Sophie Madeleine de Danemark, 1766
Mariage de Sophie Madeleine de Danemark, 1766

La robe à l’anglaise : j’en ai déjà parlé dans un ancien projet, mais elle apparaît à la fin des années 1770. Elle se particularise par un corsage baleiné très ajusté qui se termine en pointe dans le dos, et se ferme parfois par deux pièces taillées en gilet appelés les compères. L’ampleur de la jupe montée à petits plis est rejetée en arrière par un faux-cul.

robe à l'anglaise
robe à l’anglaise

La robe à la polonaise : elle est constituée de deux pièces, c’est à dire une robe est un manteau de robe, relevé à l’arrière et sur les cotés en 3 pans arrondis par des cordons coulissants. Les manches en sabot emboîtent le coude, mais s’arrêtent juste au dessous. Les paniers arrondis sont plus léger que la robe à la française.

Robe à la polonaise
Robe à la polonaise
Robe à la polonaise
Robe à la polonaise

A partir de 1775, c’est une succession presque ininterrompue de modes à la polonaise, à la circassienne, à la levantine, puis à la turque, à la sultane, dues à des causes très diverses d’événements politiques.

Robe à la turque : ressemble en gros à l'anglaise, hormis des détails comme les manches.
Robe à la turque : ressemble en gros à l’anglaise, hormis des détails comme les manches.

La robe chemise : dite aussi gaulle ou chemise à la reine, se porte avec un corps léger, voire sans corps. Ceinturée par une écharpe, elle se fait généralement en gaze de soie sur un fond en mousseline. Elle peut s’ouvrir sur une jupe légère. C’est une mode venue des îles d’Amérique; Le chapeau garni de fleurs de grenadier et d’une grenade retenant le noeud, commémore la prise de l’île de grenade par les français pendant la guerre d’Amérique.

La reine en gaulle, by Elisabeth Vigée-Lebrun, 1783. At the National Gallery in Washington DC.
La reine en gaulle, by Elisabeth Vigée-Lebrun, 1783. At the National Gallery in Washington DC.
Chemise a la Reine Gown ca 1785-1789 Musée de la Toile de Jouy Discovered via Costumière hystérique
Chemise a la Reine ca 1785-1789 Musée de la Toile de Jouy Discovered via Costumière hystérique

Mon projet

Bon, on à pas mal survolé le siècle, sans entrer trop dans les détails, voici maintenant mon projet. D’abord fixé sur une robe à la française, j’ai craqué sur une robe de cour inspiré d’un tableau de Marie-Antoinette. La robe de cour se rapproche de la robe à la française, mais sans les plis Watteau dans le dos, avec un laçage caché par une sous patte. La robe de cour sert aux représentations, aux tableaux etc.

La Reine Marie-Antoinette en grand costume de cour, une rose à la main. Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN
La Reine Marie-Antoinette en grand costume de cour, une rose à la main.
Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN
Une des reproductions
Une des reproductions
une autre inspiration robe de cour
une autre inspiration robe de cour

Oui ça fait un peu peur comme ça mais ça dois pas être si difficile. Tout d’abord je vais me faire un panier pour donner la forme, puis je vais me débrouiller avec des petits schéma d’époque pour le patron. Autant dire que j’ai sacrément du boulot, mais j’aime les défis et si je veux quelque chose il faut que je me donne les moyens. Quelque chose a rajouter dans mon article? n’hésitez pas.

Très bonne soirée.

 

Sources : histoire de la mode en occident et KCI

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9 réflexions sur “Projet : une robe de cour XVIII°

  1. L’histoire de la mode est toujours intéressante et c’est un plaisir d’en lire des petits bouts!! Quel beau projet …. de longue haleine!!

  2. 6-7m, c’est le métrage minimum pour une petite robe à crinoline (guerre civile américaine). Pour le S3637 qui est une robe à la française, Simplicity demande 18m de tissus (en 115cm). Je n’ai pas envie de te faire peur mais ce serait dommage d’en manquer. Si tu as la possibilité de faire une toile ou un patron sur papier pour acheter juste ce qu’il te faut, ça te permettra de cibler au mieux tes achats.

    1. En effet tu me fait peur, après il en faut beaucoup aussi pour le pli Watteau que je ne ferai pas. Pour ma tournure de bal, j’avais pris 8m et ça allait, je pense que 10m suffiront, j’attends d trouver un beau stock, je veux du blanc cassé très clair, mais pas beige, et en taffetas. Et surement le commander la ou je commande toujours mon taffetas qui est très beau. Pour le panier j’ai le schéma de Norah Waugh, mais je vais faire une toile pour la robe, le patronnage ça va etre le plus long!!

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